Gabriel GIRARD
***************
dessin de Joseph BONNEL
Surnommé "Ch' Bougnat"
Gabriel GIRARD fut professeur d' Histoire - Géographie à l'École Normale d'Instituteurs d'Arras de 1947 à 1971.
Adresse: 31 rue des Pervenches, 03200 VICHY
Il est décédé en janvier 1994.
Signature :
***************
Denis LAMARRE (57 - 61):
Trois gars de ma promo, je ne sais plus lesquels, trouvent intéressant de réaliser, au titre de leur monographie de fin d'études normales, en 4ème année, un plan en relief d' une partie du Département. Oeuvre colossale (3 mètres de haut, 2 mètres de large), qui fut longtemps exposée au vu de tous dans les couloirs de l'École Normale, même devenue I.U.F.M., jusqu'en 1998.
Ils ont travaillé chaque jeudi, chaque samedi de "petite sortie" ( un samedi sur deux). Après cet énorme travail, la mono est présentée, non sans une immense fierté, à Monsieur GIRARD, dit Ch' Bougnat.
Celui-ci se lance dans un discours pédagogique, dont j'ai retenu ceci: "C'est bien de montrer qu'on est capable de réaliser une oeuvre de longue haleine. C'est même extraordinaire de se lancer dans des oeuvres monumentales. Vous avez montré que vous êtes capables de vous lancer dans des oeuvres très longues, et la pédagogie en est une. A propos de pédagogie, elle évolue sans cesse, et j'aimerais bien que votre oeuvre le fasse aussi, AU SENS OU VOUS N' AVEZ PAS ASSEZ MARRRQUÉ LE VIRRRAGE DE VIMY."
Les copains, après leur immense travail qui, entre parenthèses, motiva par la suite le déplacement à l' EN des fonctionnaires de la Préfecture et du Conseil Général à la recherche rapide de références topologiques, ont hérité de la part de Ch' Bougnat, d' un petit 11 sur 20.
Moi, j'ai présenté à Melle NORTH, prof de psychopéda, un vague travail monographique sur l'histoire honteusement diluée de mon village, (quelques lignes aux archives départementales), truffée de copies calquées sur le plan cadastral, puis réduites au pantographe, émaillée de statistiques "économiques" issues du compte administratif communal et de déclarations des vieux du village, enregistrées sur magnétophone (l'un des premiers de l'EN, à bandes, mais à piles). J'ai eu 18 sur 20, comme d'ailleurs la plupart des normalots qui s'étaient adressés à elle."
Bruno PETIT:
Un jour, il nous a accueilli sans voix : il était aphone! Complètement aphone ! Nous, on ne savait pas lire sur les lèvres, mais on devinait bien qu'il était en train de nous expliquer, à grand renfort de gestes, qu'il souffrait d'une extinction de voix. Chouette! On entrevoyait derechef une heure peinarde (on ne disait pas encore "cool" en ces temps reculés!). Que nenni ! Le voilà - t-y - pas qu'il se met à écrire au tableau, en commençant tout en haut à gauche, et à remplir ce tableau de lignes et de lignes... Il se retourne et nous voit tous, bras croisés, immobiles, perplexes, ne sachant que faire. Il devient tout rouge, incrédule. Ses lèvres s'emballent en silence et il fait moult gestes qui ne laissent aucun doute sur les directives transmises : il faut prendre note de tout ce qui est écrit au tableau... Et pendant toute l'heure, il écrit l'intégralité de son cours au tableau. On n'entend que le crissement de la craie, et nos discrètes protestations quand il fait mine d'effacer le tableau pour attaquer la suite... Et pendant toute l'heure, on gratte et on gratte, des pages et des pages...
Eh bien, croyez moi, il n'y eut pas l' once d'un murmure, pas un bruit incongru, pas une rouspétance. Personne ne profita de la situation.
Cet homme là, par son courage et sa conscience professionnelle, nous imposait le respect. Chapeau ! Ch' Bougnat !
Pierre LAMPIN (54 - 58):
L' épouse de Tonton enseignait à l' ENF, comme celle de Ch' Bougnat. Elles étaient toutes les deux profs de physique et ... pas commodes ni l' une ni l' autre. Je les eues comme collègue quand j' étais maître auxiliaire à l' ENF (1964-1965).
Daniel CACHERA:
Deuxième année. Prof d'histoire. GIRARD - Ch' Bougnat.
Y a-t-il d'autres copains qui se souviennent d'avoir eu le front "percé" par l'index de Ch' Bougnat, mécontent de notre ignorance?
En voyage de fin de troisième année, à Paris, nous avions le choix pour le dernier jour (un dimanche) entre la visite d'un musée et la vision de 22 gugusses courant après un ballon. Ch' Bougnat disait qu'il se rallierait à la majorité mais nous savions tous où allait sa préférence. C'est ainsi que, pour la seule fois de ma vie, je fus spectateur (indifférent), au Parc des Princes, d'un match de foot entre Monaco et (?) Paris. (Hou, le CACHERA, même pas fier d'être Lensois ??... Il n'est jamais trop tard pour bien faire, n'est-ce pas Jean Paul DEMARCQ?).
Pour revenir à la page précédente, fermez cette fenêtre.